«Blanchot face à Israël»
Gary D. Mole, professeur associé à l'Université Bar-Ilan, Israël
Communication prononcée le 19 mai 2008 à l'Université de Tel-Aviv lors du colloque «Les intellectuels français et Israël: entre admiration et réprobation»
Vidéo de la conférence:
http://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/10/2/module_4284.php
S'il est vrai que Blanchot distingue entre la question que lui pose l'être juif et la question de l'État d'Israël, il est moins aisé d'affirmer avec certitude ce que représentent les signifiants «Israël» et l'«État d'Israël» dans sa pensée. Que Blanchot soit solidaire avec Israël ne fait pas de doute. On sait, par exemple, que le penseur qui «refusait» de Gaulle en 1958, l'auteur principal du «Manifeste des 121» en 1961, l'anti-colonialiste, l'anti-fasciste, l'anti-nationaliste, le compagnon de route de l'extrême-gauche en 1968, n'a pas hésité à rompre avec les jeunes révolutionnaires quand ils ont opté contre Israël en faveur de la cause palestinienne. En revanche, on cherchera en vain dans ses écrits publiés les traces d'une solidarité ouverte avec l'État naissant lors des guerres de 1948, de 1956, ou de 1967; aucune indignation comme tant d'autres de la partialité anti-israélienne du président de la République en 1967; aucune participation la même année au célèbre numéro spécial des Temps modernes sur le conflit israélo-arabe. Cette apparente absence de déclarations publiques ne doit pas cacher pourtant la véritable place privilégiée qu'occupe Israël dans la pensée du «dernier» Blanchot. En effet, les énoncés à l'égard d'Israël dans certains textes ou lettres ne se laissent pas réduire à de simples prises de position politique en faveur de l'existence de l'État et certainement pas pour (ou contre) tel ou tel gouvernement israélien. Pour Blanchot, le sujet «Israël» pose une question philosophique, ou plus précisément un souci éthique. Israël, écrit Blanchot, est «souffrance» et «extrême vulnérabilité», mais il est aussi «esprit de justice», «amitié», «espoir», et l'«avènement qui vient au-delà de tout avenir». Cette communication analyse les énoncés de Blanchot au sujet d'Israël et souligne leurs résonances philosophiques.
D'autres communications sur Blanchot sur le site d'Akadem:
Françoise Collin, «Lévinas et Blanchot» (Paris, janvier 2006):
http://www.akadem.org/sommaire/themes/philosophie/1/4/module_1031.php#calques
Joëlle Hansel, «L'être juif chez Lévinas et Blanchot» (Paris, novembre 2006):
http://www.akadem.org/sommaire/themes/philosophie/1/4/module_1674.php
Éric Hoppenot, «Pour une lecture lévinassienne de Blanchot» (Paris, janvier 2006):
http://www.akadem.org/sommaire/themes/philosophie/1/4/module_559.php#calques
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