Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 22:49

Vient de paraître : Alain Milon, Bacon, l'effroyable viande aux Ed. Les Belles Lettres, Col. Encre Marine, ISBN : 978-2-35008-005-1


LA PEINTURE de Bacon (1909-1992) est angoissante. Elle nous met mal à l’aise. Elle montre une viande à l’état brut qui nous rappelle notre condition.

La peinture de Bacon n’est ni informe ni difforme et n’a que faire du contour. Elle exprime autant le refus de la peau sans chair de La Déposition de la croix de Fra Angelico (c. 1400- c. 1455) que la chair sans peau de la Leçon d’anatomie de Rembrandt (c.1606-1669).

La peinture de Bacon est faite de peu de chose. Sans artifice, elle s’attache au fait, rien qu’au fait. Ses aplats sont des territoires qui poussent du dedans pour écarter des contours trop étroits.

Brutale, la peinture de Bacon s’attaque à l’intégrité du corps jusqu’à le faire exploser. Mais, elle est surtout sans concession comme pour dire que le corps n’est que le vestige de la viande.

 

Sommaire 

i — refus du contour

ii — l’effroyable viande

iii — brutalités 

iv — l’espace incirconscrit du corps

v — modulations de corps : seule la figure demeure

vi — l’accident est essentiel

vii — bacon tue le grec

viii — pour en finir : le toucher sans communication

Par Résonances Maurice Blanchot
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